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À dos d'éléphant...

Publié par Richard sur 28 Mars 2013

À dos d'éléphant...

Nous en avions rêvé...

Nous en avions aussi entre aperçu quelques uns au Vietnam, depuis la route une fois, des éléphants au travail près de Dalat et aussi à Hué, à la cité impériale, un éléphant enchaîné avec de grands écriteaux "Danger, ne pas approcher"... Sans compter que cette fois-là, les enfants ne nous accompagnaient pas et qu'ils ne l'avait pas vu, eux.

Or cette fois-ci... Nous sommes allés dans une petite ferme d'éléphants (ils n'en ont que cinq dont un bébé de trois ans et demi) à trente minutes de voiture de Luan Prabang (deuxième ville en importance du Laos).

Premier contact : en arrivant, on les voit, immenses, impressionnants, calme aussi. Le petit est adorable (mais il est gros quand même), il vient vers nous spontanément. première surprise, ses poils sur la tête, ils ont l'air tout doux, mais au contraire, ils sont drus et durs. Nathalie me dira un peu plus tard qu'en l'embrassant j'ai la barbe qui pique comme un éléphant ...

À dos d'éléphant...

Au programme, premier tour d'éléphant assis dans des harnais juchés sur leur dos. ce premier contact est assez impressionnant. La chaise est très inconfortable surtout quand l'éléphant descend une côte, parce qu'alors, on glisse inexorablement vers l'avant et seule une barre de bois nous empêche de dégringoler en bas de cet immense bête! Sur l'éléphant, on est très haut perché, on a surtout pas le goût d'en tomber!!! Éloïse et Nicolas ont le privilège de s'asseoir sur l'encolure de la bête, c'est drôlement plus confortable.

Juliette, Nicolas et moi avons un éléphant avec un déficit de l'attention, en marchant, il regarde constamment tout ce qui se passe à gauche et à droite, il se retourne souvent pour voir ce qu'il y a derrière lui, comme s'il ne pouvait pas se concentrer sur la route devant lui. Je me croyais à l'école avec quelque élève dont je tairai ici le nom par souci de professionnalisme!

Lors de la promenade, l'inévitable se produit, en marchant, les éléphants lèvent la queue et se soulagent. Avec les éléphants, tout est énorme, ainsi en furent les commentaires de Nicolas et Éloïse!!!

À dos d'éléphant...

Ensuite, au retour de la promenade, nous pouvons nourrir les éléphants avec des bananes ou de la canne à sucre. Ils avalent la banane en entier, pelure incluse!

Un peu plus tard, nous faisons une visite à la grotte Pak Ou, sur une île au milieu du fleuve Mékong, à quelques centaines de mètres de la ferme d'éléphant. La particularité de cette grotte c'est que depuis le huitième siècle, c'est un lieu de prière pour les habitants des environs. Aujourd'hui ce sont les bouddhistes qui y font des pèlerinages et des centaines de statuettes de Bouddha y sont exposées, certaines sculptées à même la pierre, mais la plupart apportées par des pèlerins. Autrefois, ce sont les anciens dieux animistes qui y étaient vénérés.

Pendant notre visite, un autre groupe de touristes profite du tour d'éléphant. Ensuite, nous aurons droit à un dîner laotien en attendant l'attraction principale, le bain avec les éléphants!

À dos d'éléphant...

En après-midi: tout d'abord, un petit cours sur la vie des éléphants au Laos et dans cette ferme en particulier. Saviez-vous qu'un éléphant mange environ 250 kilos de nourriture et qu'il ne dort que 3 heures par jour? Ici au Laos, il y a beaucoup d'éléphants, autrefois on les utilisait surtout pour travailler, ils sont très forts, mais aujourd'hui, les tracteurs et les machineries lourdes les remplacent sur les chantiers et dans la forêt. On les utilise alors pour le tourisme surtout. Ici, il n'y a que des femelles, elles sont moins grandes et moins fortes, mais beaucoup plus dociles. Elles ont 35, 40 et 45 ans. Le bébé a 3 ans et 10 mois et il est inséparable de sa seconde mère, partout où il va, elle va! Deuxième mère? Oui, la mère biologique vit dans une autre province du Laos où elle attend peut-être un autre enfant... On ne peut séparer un éléphanteau de sa mère avant qu'il ait plus d'un an, soit tant qu'il est allaité. Lorsqu'il est séparé de sa mère, une autre prendra automatiquement la relève pour l'élever. La gestation dure entre 20 et 22 mois.

Le petit ne sera adulte que vers l'âge de dix ans. Il pourra alors porter sur son dos une charge d'environ 500 kilos. Les éléphants sont capables de soulever, de pousser et de tirer des charges beaucoup plus lourdes, mais pas avec leur dos. Ici, leur vie est assez douce, ils ne travaillent que de 9h30 à 11h30, puis de 13h30 à 15h30, rien à voir avec la vie sur les chantiers. Après notre départ, les éléphants sont nourris puis, on les conduit dans la jungle où ils sont laissés à eux-mêmes jusqu'au matin suivant. De longues chaînes les empêchent tout de même de se sauver mais ils ont quand même une certaine tranquillité. Certains des éléphants de la ferme ont été rescapés de braconniers.

À ce propos justement, le guide nous a ensuite aidé à comprendre le déficit d'attention de notre éléphante de ce matin. Il nous a expliqué que certains éléphants ont le bout de la queue coupée par des braconniers. Ici au Laos, c'est plutôt rare, mais au Vietnam c'est monnaie courante. On croit en effet, qu'un plumeau fait avec les poils du bout de la queue d'éléphant apporte la prospérité dans la maison dans laquelle il est employé... Or, la queue coupée est extrêmement sensible et douloureuse au toucher. Un éléphant dans cette situation a peur dès que quelque chose se trouve derrière lui et se retournera constamment pour mesurer l'imminence du danger même si c'est une poule qui le suit... Imaginez quand ce sont deux ou trois éléphants! C'est bel et bien celle à la queue coupée que nous montions ce matin!

Puis s'ensuit un petit cours sur la façon de monter un éléphant. Les mots pour les guider: Pai pour avancer, How pour s'arrêter, et d'autres pour reculer, tourner à gauche, tourner à droite, s'accroupir, se relever, etc... Le guide nous questionne un par un pour s'assurer qu'on a bien retenu les mots, même si on sait bien que nous n'aurons pas besoin de les utiliser vraiment. Surtout qu'il a commencé son cours en nous disant que ça prend environ une quinzaine de jours d'entraînement quotidien pour qu'un éléphant nous fasse assez confiance pour nous écouter!!! Alors, à part Margot qui les a écrits sur son bras pour se les rappeler, on ne prend pas trop au sérieux les mots d'ordres qu'ils nous ont enseigné. De plus, il y a un Mahout par éléphant alors (Mahout = guide d'éléphant)...

À dos d'éléphant...

Et là, joie totale!

Nous montons les éléphants directement, sans harnais ni chaises! Marguerite et Juliette ont même eu droit de les enfourcher comme des chevaux, la patte avant de l'éléphant tenant le rôle de l'étrier pour se hisser sur son dos! Nicolas et Éloïse auront, pour leur plus grand bonheur, le plaisir de monter ensemble le bébé! Et nous voilà partis vers la rivière où nous nous baignerons avec ces gentilles dames pachydermes.

Il y eu autant de plaisir à se rendre à la rivière qu'à s'y baigner. Je dirais pour ma part qu'il est beaucoup plus facile et confortable de monter un éléphant qu'un cheval, mais Juliette ne serait pas de mon avis, elle était assise derrière mois et ses fesses trouvaient la colonne vertébrale de notre monture plutôt dure et bougeante! Quoi qu'il en soit, c'est dans l'eau que les Mahouts s'en sont donnés à coeur joie! Les animaux étaient bien dans l'eau, ça se voyait et nous étions invités à monter sur leur dos et à nous baigner avec eux. Ensuite, le Mahouts s'amusaient à donner l'ordre aux bêtes de s'ébrouer pour nous faire tomber à l'eau! En étant assis directement sur l'encolure de l'animal, juste derrière ses oreilles, il me fut possible de garder mon assiette une ou deux fois alors que le Mahout, debout sur son dos réussissait une fois sur deux à y rester, mais je vous jure qu'il est vraiment difficile de résister à ces deux tonnes de muscles qui s'agitent en tous sens pour vous faire tomber!!!

De plus, ils les faisaient s'immerger la tête sous l'eau puis se relever rapidement, c'est assez effrayant d'être ballotté ainsi mais amusant en même temps! Et la peur aussi de se retrouver coincé entre deux de ces énormes créatures lorsqu'elles nous projettent dans l'eau! Mais c'est une frayeur inutile, elles sont très conscientes de leur corps et du nôtre et se meuvent somme toute assez précautionneusement quand on est autour d'elles. C'était vraiment délirant! Mais la meilleure de toutes, c'était Éloïse, elle était dans son élément (l'eau) et son poids léger et son centre de gravité très bas faisait que les Mahouts n'ont jamais réussi à lui faire vider les "étriers". Elles se moquaient même un peu d'eux -"na, na, nanana"!!! Alors, ils lui ont rendu la pareille -"na, na, nanana"! et l'ont poussée à l'eau eux-mêmes sans l'aide de l'éléphant!

Nicolas lui, se servait des éléphants comme d'un tremplin pour sauter dans l'eau!!!

Bref, ce fut une journée vraiment mémorable et qui a permis à Éloïse de savoir quel métier elle exercera quand elle sera grande: -"Je travaillerai au zoo de Granby, c'est moi qui vais m'occuper des éléphants!"

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Natalie et Cassandre 28/03/2013 18:23

Wow! Quelle aventure extraordinaire!
Cassandre et Éloïse pourront donc travailler ensemble, car la mienne aussi voudrait bien, plus tard, s'occuper des animaux au zoo de Granby!
Au plaisir de vous lire bientôt!
Bisous tout pleins!
Natalie et Cassandre

nathalie mahara 28/03/2013 19:14

Ah! Ça fait plaisirs de vous lire!