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Brèves du Laos

Publié par Nathalie sur 31 Mars 2013

Brèves du Laos

Le pays des millions d’éléphants, comme on l’appelait autrefois, est littéralement un coup de foudre pour moi. Juliette et Marguerite sont aussi de mon avis : la vie est douce et bonne ici. Nous sommes sous le charme de ce pays. Les habitants ont un rythme de vie tellement paisible qu’on ne peut résister. C’est la Dolce Vita chaque jour. Après la frénésie du Viet Nam, la langueur et la simplicité des Lao mettaient un baume sur le sentiment d’agressivité qui me gagnait chaque fois que je descendais d’un train, d’un autobus ou que je traversais un marché. Ici, nulle sollicitation, nulle part! Les lieux touristiques ne sont pas la proie de rabatteurs qui nous font parfois regretter d’être caucasien (Marguerite a déjà proposé qu’on s’achète les masques de motos des Vietnamiennes et des chapeaux coniques pour passer inaperçues…)

Brèves du Laos

Aujourd’hui, je vous entraîne dans le dédale des multiples considérations qui sont les miennes depuis deux semaines. Dans le désordre, sans aucune logique. Du coq à l’âne!

Parlant de coqs, ici, en Asie, il sont omniprésents. Dans les campagnes, les petites villes, on croise des poules, poussins et coqs coquorinant à qui mieux mieux (je sais, ce mot n’existe pas, mais il est si joli et tout le monde l’entend clairement maintenant). Qui est-ce qui prétend que le coq chante à l’aube? Les coqs, c’est comme les chiens, ça jappe à toutes heures, de la nuit de préférence. Richard est excédé. La poule urbaine, ce n’est pas pour nous!

Brèves du Laos

Pour les carnivores que nous sommes, ici la viande n’est pas toujours conforme à l’image de la boucherie-laboratoire de chez nous. Des morceaux de viande où abondent les mouches, vous avez tous déjà vu ça. Des marchés ensoleillés qui répandent leurs odeurs nauséabondes, on peut facilement s’imaginer la chose. Mais alors que je me promenais à dos d’éléphant dans un village lointain, j’ai vu, sur un toit en tôle ondulée, de la viande étalée pour séchage. Sur une grille, j’étais maintenant capable de concevoir l’affaire, mais posée à même la tôle… mes choix au resto se sont tout à coup restreints (de toute façon, il n’y a jamais de viande séchée au menu!) Le pire, alors que dans le bled où nous nous étions posés, aucun restaurant n’offrait de repas à 14 heures, nous étions tous affamés, l’humeur des troupes était à couper au couteau… pas de problèmes, allons au marché local, on trouvera sûrement quelques choses pour se sustenter.

Après nous être faufilés dans une allée sinueuse où l’on nous observait attentivement, près d’un étalage de ce qui semblait être des tomates cerises, j’aperçois des rats et des écureuils séchés. Juste l’écrire et la chair de poule me reprend. Si vous m’aviez vu. J’étais comme un automate. J’étais dans ma tête, je cherchais comment je pourrais me libérer un jour de cette image gravée dans ma mémoire. Je déambulais dans le marché, inconsciente de ce qui se passait autour de moi, tout en ayant les sens en éveil : éviter à tout prix de me retrouver près d’un autre étalage du genre. Un radar dans l’œil, une petite voix dans la tête… une folle quoi! Je devais trouver quelque chose pour me réconforter. Une boisson gazeuse!!! Voilà ce qu’il me fallait. Les petites bulles sucrées auraient tôt fait d’apaiser la tempête qui faisait rage à l’intérieur de moi. C’est fou, parce tout me semblait suspect. Je n’osais regarder nulle part, mais je voulais tout identifier. C’est mon fiston qui me servait d’éclaireur : « Nico, qu’est-ce qu’il y a dans cette jarre? » « Le sac accroché juste là? Tu crois que c’est quoi? » Je me suis plantée devant un présentoir de pinces à cheveux et j’ai attendu que Richard et Marguerite nous aient trouvé quelque chose pour le dîner. Je les adore… nous avons mangé les meilleurs sandwichs aux tomates de ma vie! C’est aussi ça du confort food!

Brèves du Laos

Depuis le début du voyage, nous n’avons pas croisé beaucoup de Québécois. Une famille sympa, qui comme nous parcours le monde avec leurs enfants, on vous en a déjà parlé et un monsieur à Hanoï qui connaissait tout sur tout… on les évite ceux-là. Nous avons aussi rencontré d’autres familles d’un peu partout en Occident qui étaient atteint de la même folie que nous. Des Américains qui avaient vécu à Montréal, des Français et des Belges en cavale depuis deux ans. Leurs histoires étaient très impressionnantes. Ils s’étaient rencontrés en Amérique du Sud plus d’un an auparavant, et se sont retrouvés, par hasard évidemment, dans un petit village perdu au fond du Laos! Éloïse a eu un plaisir fou à jouer avec les quatre fillettes des deux familles. Elle les attendait sur la plage chaque après-midi, car ils venaient y finir leur journée après leur quatre heures. Elle s’est même fait garder par eux et a partagé leur repas. Mais les plus fous de tous, cette famille flamande en route pour la Chine avec leurs deux enfants de 8 et 9 ans, sur leurs tandems. Les montagnes du nord du Laos, où nous les avons croisés, c’est quelque chose!

Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...
Une escale de trois jours à Muang Khua...

Une escale de trois jours à Muang Khua...

Brèves du Laos

La première pension où nous avons séjourné au Laos était adorable. Chaque soir, à dix-neuf heures, on servait un repas familial à tous les clients de l’auberge, dans une salle commune, ouverte sur la rivière. Rien d’extravagant, mais très convivial. L’endroit était fréquenté par de nombreux Français et nous avons pris grand plaisir à échanger avec eux. Le premier soir, Nicolas et Éloïse sont restés une bonne demi-heure à écouter nos conversations. Élo rajoutait son grain de sel à l’occasion, mais dans l’ensemble, ils savouraient le plaisir d’entendre leur langue. Après plus de 6 semaines à ne pouvoir échanger qu’avec nous, ils n’en croyaient pas leurs oreilles de comprendre tout ce qui se disait autour de la table! Nous sommes restés 3 nuits à cet endroit et avons fait des rencontres très intéressantes. Mais le plus drôle, c’est qu’on les rencontre à nouveau quelques jours plus tard. Dans un autre petit village ou à Luang Prabang. Au fil de nos promenades, on croise un visage connu, Élo s’exclame : regarde Maman, c’est la dame. Sur un bateau, dans la petite salle de projection d’un charmant restaurant, au bord d’une piscine. It’s a small world !

Brèves du Laos

Moins agréable, même auberge, des voisins de table de Juju et Margot qui sont un peu gorlots, insultent un peu tout le monde (ils parlent des Américains, des Français…), ils sont canadiens. Jusque-là, on s’en fout. Mais ils se mettent à déblatérer sur le dos des French Canadians, après avoir demandé au couple avec qui les filles partagent le repas, d’où sont-ils. De France! Mais Marguerite, qui chaque soir s’évertue à faire l’éducation historique et politique du Québec à des Français, s’étire le cou pour se mêler à la conversation, et avec un large sourire, ajoute qu’elle est québécoise… malaise! Pour eux, ce malaise, alors on s’en fout! Même qu’au contraire, on s’en réjouit! Qu’un con (et le fait qu’il soit canadien n’a rien à voir dans l’affaire) se fasse clouer le bec par une jolie demoiselle de 16 ans, moi, j’adore. Mais le malaise, c’est qu’eux aussi, on les croise tout l’temps !!!! Même que je me suis ridiculisée devant eux, et ils se bidonnaient à gorge déployée! L’humiliation totale (j’ai foncé dans un poteau sous leurs yeux, après avoir répondu à l’employé du SPA/bar que j’étais « french-canadian »)

Brèves du Laos

Les bouffes qu’on a eues à Luang Prabang! Très contrastées, souvent occidentales, la présence française est encore palpable, on mange, dans la rue, des baguettes garnies de Nutella! Le bonheur. Dans une minuscule allée bondée et enfumée, on mange pour moins de deux dollars une assiette garnie de tout ce qui nous fait envie, dans un genre de « ALL YOU CAN EAT », mais à la Laotienne. Des barbecues regorgeants de grillades en tout genre (mais pas d’écureuil ou de…), des fritures, des crudités, des légumes grillés, des salades, des gibelottes du christ comme disait Tonnerre, des nouilles, et bien sûr du riz! Ici, on le préfère gluant. Je l’évite le plus possible, et jusqu’à présent, je réussis très bien! Des p’tits déjeuners avec croissants, musli, fruits frais et yogourts, des jus fraîchement pressés, des shakes aux fruits frais, préparés sur le trottoir… j’ai lu qu’à Montréal, on pourra bientôt manger sur la rue! Je me pars une business, c’est sûr, je ferai fortune. Mais le summum du réconfort : lasagne et bagel au saumon fumé. Oui, les amis, Marguerite et moi, on se bourre de notre gâterie préférée. On s’était promis d’y retourner chaque jour, mais bon… c’était quand même délicieux!

Brèves du Laos
Brèves du Laos

Il ne me reste qu’à vous parler des massages. Quand je travaillais chez Postes Canada, je faisais l’envie de ma famille et de mes amies avec mes assurances qui me permettaient de goûter les joies des bains flottants et des massages de toutes sortes. Ce voyage a malheureusement signé l’arrêt de ce privilège… ;-) Mais comme ici, on se fait masser pour quelques dollars, eh ben, Madame la Marquise… j’en profite encore! Au Viet Nam, j’ai eu droit à deux expériences très différentes l’une de l’autre. La première, je crois que je me suis trompée d’endroit. On m’a reçue et massée, mais je crois que je ne faisais pas partie de la clientèle cible… La seconde fois, à Hoi An, un bonheur de p’tits soins, bain bouillant pour les pieds, puis un massage à quatre mains. C’était formidable. Ici, au Laos, j’ai aussi craqué deux fois. Les massages traditionnels lao sont très particuliers. Certains mouvements sont faits avec les pieds, les genoux… de toute façon, je saurai vous en parler davantage demain soir, car j’aurai terminé un cours d’initiation à l’art traditionnel du massage lao!

Brèves du Laos

Sur ce je vous souhaite joyeuses Pâques, bon poisson d’avril demain, et je vous dis à bientôt, car je redoute encore quelques jours sans connexion, car nous serons dans la jungle à glisser sur des câbles à la recherche de singes en voie d’extinction…

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Serge Tessier 01/04/2013 04:07

Luang prabang semble delicieuse.Particulierement heureux que tes filles puissent defendre notre honneur. Cet hiatus sans internet est une benediction. J'adore votre blogue mais un peu de detachement ne peux nuire a l'experience du voyage. Et puis il faut nous laisser quelques histoires a rencontrer a votre retour. bisous Desole, pas d'accents sur ce clavier.