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HISTOIRES DE PEUR.

Publié par Nathalie sur 11 Février 2013

Que diriez-vous d’une chronique un peu plus tranche de vie qu’impressions de voyage?

La journée avait mal débuté. Alors que je suis l’organisatrice en chef de l’escapade familiale, j’ai eu la honte de ma vie, lorsqu’à l’aéroport d’Ho Chi Minh, vendredi matin, après une attente interminable pour enregistrer nos bagages (nous étions l’avant-veille de Tet, le Nouvel An vietnamien), la préposée regarde notre billet électronique et nous annonce que notre vol n’est que le lendemain matin. Avec mes quatre enfants, dans cet aéroport où j’ai peine à lire quelque écriteau que ce soit, sans téléphone portable auquel me raccrocher, je me sentais bien seule au monde. Impensable de retourner à HCM, je voyais déjà les mines catastrophées de ma tribu, si je les réinstallais dans un taxi. Tout à coup, mon anglais de vache espagnole me paraissait un bien maigre allié. Non seulement fallait-il négocier un autre vol pour notre île paradisiaque, mais je devais contacter notre hôtel pour m’assurer qu’il pouvait nous accueillir un jour plus tôt. Je me mets donc en quête d’un téléphone public. À Montréal, c’est déjà une denrée rare, ici, je n’en ai pas trouvé un seul. À l’aéroport! Je me rabats sur le bureau de poste pour acheter une carte pour mon cellulaire désactivé. On se fait un plaisir de me vendre quelque chose qui malheureusement ne me permettra pas d'appeler qui que ce soit. Finalement, une gracieuse hôtesse me prête gentiment son téléphone personnel et je parviens à réserver une nuit supplémentaire. OUF! L’avion décolle deux heures plus tard, avec quelques frais, qui nous forcent à prendre la classe affaires. Bon, forcer est un bien grand mot, mais rappelez-vous mon état d’esprit d’usurpateur de la veille… et me voilà en première : salon VIP, passage devant tout le monde au tourniquet, autobus particulier pour se rendre à l’avion, etc… Heureusement, le vol ne durait pas tout à fait une heure, alors mon calvaire fut assez bref ;-)

Un peu plus tard, assise sur mon lit, dans mon bungalow fort sympathique, alors que les autres sont je ne sais où, j’entends un gros bruit dans la salle de bain. Comme si quelqu’un avait sauté sur le réservoir de la toilette. Le bruit est suivi de petits soubresauts… Immobile, l’esprit en alerte, je comprends qu’un intrus s’est glissé par la toute petite fenêtre dont les barreaux ne semblent pas avoir été un très grand obstacle. J’attends, silencieuse, qu’il fasse irruption dans ma chambre. Je suis sidérée. Les minutes passent. Rien, pas un mouvement, pas un son. D’une voix timide, j’appelle Juliette qui s’approche de son bungalow. Elle vient à ma rescousse, mais refuse de s’approcher de la salle de bain. De toute façon, force est d’admettre que si quelqu’un s’était trouvé là, l’arrivée de ma fille aurait provoqué une réaction! N’écoutant que mon courage, le lendemain matin, je suis allée jeter un coup d’œil derrière notre bungalow… Une immense noix de coco gisait sur le sol. Elle avait même entraîné dans sa chute une branche d’un arbre voisin avec un autre fruit exotique dessus. Comme le toit est en tuiles d’ardoise, le bruit sourd ressemblait à s’y méprendre au son du couvercle du réservoir de la cuvette.

La fameuse noix de coco

La fameuse noix de coco

Mais je n’étais malheureusement pas au bout de mes peines. Le soir tombé, alors que nous nous apprêtions à sortir pour le souper, je frappe à la porte de mes voisines, mes trois filles. Elles ne sont que deux. Éloïse, la plus jeune, n’est pas avec elles. Marguerite et Juliette affirment qu’elle est avec nous, dans notre bungalow. J’en arrive de notre bungalow, il est assez petit pour que je sache que la demoiselle ne s’y trouve pas! Vérification faite, Éloïse n’est ni sous nos lits, ni dans les salles de bains. Nous partons donc à sa recherche, laissant une vigile, Juliette, pour nous assurer qu’elle trouve quelqu’un si jamais elle revenait. Papa arpente la plage avec Nicolas, Marguerite et moi passons de bungalow en bungalow, l’appelant, la décrivant. Les employés de l’hôtel se mettent de la partie. Le temps passe, l’inquiétude augmente. Le complexe hôtelier où nous logeons est assez modeste, une quarantaine de maisonnettes ceinturées d’un mur de béton sur trois côtés et de la plage sur le quatrième, le tour en est vite fait.

HISTOIRES DE PEUR.

Après 30 minutes de recherche, c’est difficile de ne pas imaginer le pire. Aux appels, on ajoute : « ne te cache pas, chérie, on ne te grondera pas… » ou encore « si tu m’entends, mon amour, crie très fort… ». Quand tout à coup, à 6 portes de la nôtre, une dame sort de chez elle et nous demande si nous cherchons une petite fille? Heu! Oui!!! Depuis trente minutes qu’on s’égosille, il semble évident que nous cherchons quelqu’un… « Elle est endormie dans mon hamac, sur mon balcon! » Notre Belle au Bois Dormant dort d’un sommeil de plomb. J’ai beau lui parler, la toucher, elle ne bronche pas. C’est en la prenant dans mes bras, alors que je suis émue aux larmes, qu’elle daigne ouvrir un œil. Le Bénadryl, pris un peu plus tôt, est à blâmer. Ses effets secondaires ont donné un petit OUMF de plus à cette journée déjà bien remplie…

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Genevieve 23/02/2013 10:36

Quel art de raconter, tout de même ! (et... dis-moi, tu as fait comment pour garder ton calme ?)

Nathalie 23/02/2013 10:37

Un moment donné, dans mon bungalow, j'ai craqué. Les grandes m'ont alors dit de ne plus ressortir sous peine d'effrayer Élo. Alors je me suis calmée en une seconde

Mamie 23/02/2013 10:31

Toute une peur! Toute une journée pas ordinaire c'est le cas de le dire!

Papa 23/02/2013 10:30

Toute une histoire de peur,vendre les 2 grandes ,Heloise qui disparait c'est quoi la suite ?

crevette 13/02/2013 14:50

Ouf, que d'émotions, j'imagine tellement la panique en cherchant votre fille! Contente de voir que tout s'est bien terminé. Vos enfants sont magnifiques et votre voyage est palpitant! Profitez-en bien!
Julie xx(crevette de Jean-Jeune!)

Michèle la factrice 13/02/2013 03:22

Bonjour Nathalie, je ne m'attendais pas à un blog aussi pro! Plusieurs fois bravo! Faudra que tu m'expliques comment vous trouvez le temps de faire tout ça?!?
Les 30 minutes à chercher la Belle (Journaliste) au Bois Dormant ont dû vous paraître TELLEMENT longues. Je compatis en titi . . . Je vous suis xx

Lucien 12/02/2013 15:46

Comme toujours , on constate que la vie de votre belle tribu est toujours remplie d'aventures les plus cocasses. Je suis tr`s content de pouvoir suivre vos belles péripicies. Surtout lâchez pas la gang. On veut tout savoir et tout voir vos belles photos.

Harfang 12/02/2013 05:46

Dans mon commentaire précédent, il manquait un mot:

Surtout lorsque QUENOUILLE ajoute son grain de sel... à propos du hamac.

Harfang 12/02/2013 05:44

Des histoires comme celle-là, avant de s'endormir, c'est pire que le Téléjournal !!!
Surtout lorsque ajoute son grain de sel... à propos du hamac

Cecile 12/02/2013 03:56

Je me demande juste dans quel ordre de naissance sont les enfants.... J'adore que vous documentez votre merveilleux voyage!

Hélène 11/02/2013 19:37

Oh my God, ça du être terrifiant. J'imagine la peur que vous avez eu, Ça du être une belle retrouvailles.

Serge Tessier 11/02/2013 18:58

OUf, toute une aventure! Cependant, je me doute que les enfants ne se soient plaints du voyage en classe Affaires! Toute une île en tout cas, quand on voit la taille des noix de cocos!!!
Quelle est cette merveilleuse Île où les hamacs endorment leurs proies avant de les avaler?

Nieves 11/02/2013 17:19

Ayoye pour la noix de coco! Et un gros AYOYE pour Éloïse dans le hamac! Le coeur m'a manqué juste en lisant votre aventure! xxx