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Notre Inde: de A à Z

Publié par Nathalie sur 28 Juin 2013

Notre Inde: de A à Z

AVORTEMENT SÉLECTIF:

Un fléau. Surtout dans le nord de l’Inde, mais qui se répand partout. Autant en ville que dans les petits villages isolés. Pauvre comme riche, on ne veut pas de filles. 6 000 000 de filles en moins au cours des 10 dernières années. Un déséquilibre de l’ordre de 2/3. Pourquoi? Un peu comme en Chine, un fils s’occupera de ses parents, alors qu’une fille : « C’est planter un jardin pour le voisin ». En plus, il faut la doter, ce qui coûte très cher en Inde. Bien sûr, toutes ces pratiques sont illégales (de l’avortement à la dot), mais les mentalités sont lentes à changer.

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BOLLYWOOD :

L’industrie cinématographique de Mumbai (autrefois Bombai) est la plus prolifique de la planète. 1000 films par année (on en termine, donc, trois par jour). Des films de tous les genres, mais presque toujours agrémentés de méga chorégraphies exécutées par des centaines de figurants (la main d’œuvre est abondante et peu onéreuse…). D’un kitch irrésistible.

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CHAUFFEURS :

De rickshaw, de taxi, ils ont souvent fait notre malheur. Pour eux, nous sommes une bonne affaire. Parfois, un trajet nous coûtait le triple de sa valeur réelle. Tous les Indiens qui nous conseillaient, insistaient pour que nous exigions le compteur, mais selon les villes visitées, nous devions négocier ferme pour obtenir un tarif décent. À la longue, c’est vraiment lassant. Tout comme le rejet dont nous sommes parfois victimes : si notre trajet ne leur convient pas, ils s’en vont… Une autre de leur particularité, c’est que la plupart du temps, ils ne connaissent pas leur chemin. Tout le monde s’arrête pour demander son chemin à un autre. Et encore là, la loi du nombre s’impose. Nous avons déjà vu neuf personnes attroupées autour du rickshaw pour expliquer le chemin à notre chauffeur. Parfois, il jette l'éponge et c’est un autre qui nous prend en charge…

Notre chauffeur préféré, Nandu, avec qui nous avons sillonné le Rajasthan

Notre chauffeur préféré, Nandu, avec qui nous avons sillonné le Rajasthan

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DÉCHETS & DÉTRITUS :

Une caractéristique désolante de l’Inde. Si au début, cet irritant m’était insupportable, peu à peu, ma phrase fétiche a perdu de son intensité. Mon : « Oh! Ça pue… » était de moins en moins empreint de dégout, mais était plutôt une simple constatation, un avertissement. Les détritus font partie de la vie, il y en a partout. Des monticules sur les trottoirs, que ce soit des briques, des gravats, des sacs-poubelle éventrés et j’en passe… ça n’épargne personne, quartier pauvre ou huppé. Chacun y trouve son compte, les rats, les chiens, les vaches, ainsi que les plus démunis d’entre nous.

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ESPACE VITAL :

La notion de bulle est minuscule en Inde. Tant pour les êtres humains que pour les véhicules. Cette courte vidéo vous en donne un aperçu.

http://www.youtube.com/watch?v=4v-yLJ-cXGg&feature=youtu.be

Pour ce qui est des humains, l’adaptation n’est pas toujours facile. Pour un gamin comme Nico, c’était un grave problème. Au parc aquatique, dans la piscine à vague, c’était carrément dément. Comme le concept de faire la queue leur est étranger, on se retrouve constamment en formation « motton » et c’est au plus fort la puck… À la billetterie d’une gare, il m’est arrivé de dévisager un vieil homme qui s’était imposé au guichetier qui me parlait déjà, et de lui demander poliment s’il me voyait. Il était fort surpris et m’a finalement rendu ma place…

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FILLES & FEMMES :

Comme je l’ai déjà expliqué, les filles ne sont pas un trésor national. Il nous est arrivé à plusieurs reprises de nous faire offrir une fillette. Difficile de savoir si les gens sont sérieux ou non. Mais une grand-mère poussait une petite fille de trois ans vers moi et celle-ci, effrayée, se cramponnait à elle, effrayée. Difficile de trouver une contenance dans ces cas-là.

Une curiosité à mes yeux, ce sont les quelques femmes travaillant sur des chantiers de construction. Vêtues de saris, vêtements peu adaptés à leur tâche, elles transportent sur leur tête des matériaux. Vision tout à fait surprenante.

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GANESH :

Une des divinités les plus aimées en Inde. Ce jeune dieu à tête d’éléphant protège et porte chance aux familles. Il est un des milliers de dieux que compte l’hindouisme. Cette mythologie est tellement rocambolesque, on pourrait en tirer une excellente télésérie. Ce qui me plait particulièrement c’est l’imagerie liée à cette religion. Dessins très enfantins, très colorés, rien de sérieux, plutôt rigolo. Mais profondément ancré. Le domaine religieux est très présent et fondamental en Inde. Tout à l’opposé de l’image projetée…

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HOCHEMENT DE TÊTE :

Vous connaissez ces petites figurines qui ondulent la tête quand on la bouge un peu? Genre de bubble head… À mon avis, c’est en Inde qu’elles ont été inventées. Car ce petit mouvement, qui ne semble être ni oui ni non, un genre de peut-être imprécis, et bien c’est la réponse par excellence. On ne sait jamais trop à quoi s’en tenir. Et je vous mets au défi de l’exécuter. C’est sans doute comme certains sons d'autres langues : si on n’a pas appris dès notre plus tendre enfance à les faire, nos muscles n’ont pas la capacité de les développer plus tard!

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IDENTITÉ & CASTE :

Supposément aboli, le système des castes est pourtant très visible dans les rapports avec les étrangers. Au-delà de l’apparence, car une personne très pauvre ne parvient pas souvent à camoufler son état, on sent les distinctions par la distance et la déférence qui sont mises entre les gens. C’est difficile à expliquer, mais tellement perceptible. Ce n’est pas une pointe d’envie ou une forme de respect, plutôt comme une révérence intérieure. Une façon d’être, de nous traiter. Et quand on est bien attentif, on finit par le déceler dans les rapports entre les Indiens, une barrière invisible, mais bien présente encore aujourd’hui.

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JOB :

En Inde y’en a du monde. Le deuxième pays le plus peuplé avec son milliard deux cent quarante et un million de personnes à mettre au travail n’a pas besoin vraiment d’automatiser ces services. Donc, à la station-service, à l’hôtel, au restaurant, en fait partout, il y a beaucoup d’employés, trop d’employés… à chaque pompe de la station-service, trois pompistes. À la réception de l’hôtel, 4 ou 5 personnes, dont 3 assises à ne rien faire, en attendant que quelque chose arrive. Sans compter le portier aux allures de garde de sécurité, les garçons d’étage à chaque étage (bien qu’il n’y ait que 3 ou 4 chambres), etc. dois-je vous rappeler que nous ne fréquentons pas des 5 étoiles, mais plutôt des hôtels petits budgets? C’est complètement fou. Notre première impression c’est qu’ils devraient revoir leur manière, afin d’augmenter leur rentabilité, mais au bout du compte, quand on y pense un peu plus longuement, on réalise que c’est bien mieux comme ça, car de toute façon les prix sont dérisoires, et qu’ainsi un peu plus de gens ont un emploi…

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KLAXON :

Omniprésent. Partout en Asie, les klaxons sont sans doute la pièce des voitures qui s’usent le plus rapidement, mais nous avons compris qu’ici, ils remplacent les miroirs. On klaxonne pour se faire voir, pour signaler notre présence. Même qu’à l’arrière des camions, il est inscrit : Please Horn ! Mais le concert des klaxons est si assourdissant qu’il n’est pas certain que celui que vous tentez de prévenir de votre passage ne comprenne pas que c’est à lui que s’adresse votre « pout pout! »

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LIME :

Notre boisson favorite : Fresh lime water. « Sweet or sour ? » Sucré s’il vous plait. C’est délicieux et tellement rafraîchissant

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MOUCHES :

L’Inde n’a sûrement pas le monopole des mouches, mais avec l’abondance de ce dont je vous parlais à la lettre D, vous pouvez être certains qu’elles font partie du paysage. Disons qu’au restaurant, ce n’est pas tellement ragoûtant…

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NOURRITURE :

Nous sommes plutôt unanimes sur ce point, c’est ici qu’on mange le mieux. Bon, bien sûr, les petits ne font pas partie du jury, étant donné leur manque d’ouverture côté fine bouche… Mais pour les autres, on se délecte : Raita, Daal, poulet Tandoori ou au beurre, Paneer, pain Naan, etc. Au retour, il y aura du nouveau au menu, c’est certain.

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ORAGE :

Notre premier contact avec la mousson fut très agréable, nous étions dans un petit village de villégiature, au bord de la plage. C’était agréable, faisait baisser le taux d’humidité, une belle averse d’été. Nous savions que nous serions au sud pour une partie de notre périple en Inde et nous redoutions cette pluie incessante et la chaleur suffocante. Arrivés à Bangalore, nous sommes agréablement surpris, la température est confortable à souhait et la pluie presque absente. Mais une fois à Mumbai, nous avons enfin compris ce que quatre mois de pluie presque ininterrompue peut signifier. Nous n’y avons goûté que 6 jours, bien au sec dans notre hôtel (nous en sommes sortis, n’ayez crainte, mais notre lit, notre baignoire et notre climatisation nous attendaient à la fin de nos journées de tourisme), mais nous avons pu nous imaginer ce que vivent les gens dans les bidonvilles, avec leur maison recouverte de bâches, fuyant de toutes parts…

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PANEER :

Fromage indien, fait à base de lait de bufflonne, cuisiné la plupart du temps dans des curry. Succulent.

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QUOTIDIEN :

Le quotidien du travailleur indien n’a pas grand-chose d’enviable. Souvent, il est hébergé sur le site de son emploi, les heures au boulot sont longues, le travail est souvent ardu, le salaire dérisoire. Et peu nombreux sont ceux qui peuvent envisager un avenir meilleur. Ici encore, le système de caste joue en défaveur des plus démunis.

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ROUPIES :

La monnaie indienne, nous en obtenons environ 53 pour un dollar canadien. Une boisson gazeuse coûte entre 20 et 30 roupies, un bon repas 200 et une chambre d’hôtel 1300. Le salaire mensuel moyen d’un indien : 5100 roupies ( environ 90 $). Il est interdit d'en sortir du pays.

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SLUM :

Mot apparu dans notre vocabulaire depuis le film : « Slumdog millionnaire », mais on connait mieux ces quartiers sous le vocable de bidonville. Celui du film c’est Dharavi qui compte 700 000 habitants. J’avais peur comme la peste de les voir. Je n’étais pas certaine de vouloir confronter mes enfants à la très grande pauvreté des bidonvilles, nous avons donc opté pour un passage en taxi en périphérie. Ouf! L’odeur des ordures qu’on brûle est vraiment insupportable. Et évidemment, les lieux sont désolants, mais contrairement à ce que je croyais, il y a des constructions à caractère plus permanent. Des maisons en béton, sur deux ou trois étages. Mais bien sûr, l’ensemble est très bancal et peu accueillant. D’autres trajets en train ainsi qu’un autre taxi à la nuit tombée nous ont permis de voir Dharavi sous d’autres angles. On se sent un peu voyeur, mais au fond, quand on voyage, c’est essentiellement ce qu’on fait…

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TATA :

Plus grand conglomérat industriel indien, on voit TATA partout : voitures, ingénierie, télécommunication, aviation, informatique. Fondée par un Indien il y a plus de cent cinquante ans. Ce qui nous a amusés : une auto « Nono » de Tata ! finalement, il s’agit du modèle Nano, mais on a bien rigolé quand même. Et une anecdote amusante. Le fondateur de la marque, Monsieur Tata, au début du siècle, se voyant refuser l’accès à un hôtel réservé aux Britanniques a fait construire ce qui est devenu le plus bel hôtel de Mumbai : le Taj Mahal Palace. Il en a profité pour lancer une nouvelle filiale à son entreprise, les Taj Mahal Hotels!

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URINER AU GRAND AIR :

Je n’ai jamais tant vu d’hommes faisant face à un mur pour vider leur vessie. En ville comme ailleurs, ils sont légion à ne pas prendre le temps de trouver une toilette! Amoureuse des chiffres comme moi, j’en ai déjà compté 20 en une journée!

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VACHE SACRÉE :

Elle est partout. En ville, à la campagne et surtout au milieu du chemin! La cohabitation est excellente, elle sait qu’elle peut faire confiance aux voitures, elle traverse donc tranquillement pendant que les automobilistes la contournent habilement.

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W.C. :

Nous en avons vu de toutes les couleurs, bien que nous ayons manqué le musée des toilettes à Delhi. Ici, le papier de toilette, c’est pour les touristes. Et les bidets, ce n’est pas entré dans les mœurs. Beaucoup plus simple, un robinet avec quelque chose qui ressemble aux lave-légumes de nos éviers de cuisine. On s’en sert pour se laver le… et un autre robinet, à environ 30 cm du sol, généralement placé à gauche pour se laver la main… Voici ici quelques exemplaires farfelus : toilettes turques, jets d’eau à même le siège de toilette…

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XÉNOPHILE :

Je me considère personnellement xénophile et je peux affirmer qu’en Inde j’ai rencontré d’autres xénophiles comme moi… l’intérêt qu’on nous portait à titre d’étrangers est toujours agréable, mais on a vite fait le tour des lieux communs : oui, le Canada est un beau grand pays, oui, il est composé de francophones et d’anglophones et non, nous ne parlons pas tous les deux langues. Oui, il fait froid chez nous en hiver, il y a de la neige, mais l’été, il fait chaud, presque aussi chaud qu’ici… (il me fallait bien trouver un mot en X. :) )

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YOGA :

Ma grande déception. Au pays du yoga, je n’ai pas pu le pratiquer comme j'en rêvais. Nous voulions faire une retraite de quelques jours, mais des contraintes de temps et de transport avant le départ de Juliette nous ont forcés à renoncer au projet. Ensuite, l’auberge que nous avions trouvé où on nous promettait des cours sur la plage, mais nous avions oublié que c’était la mousson et la basse saison, donc pas de leçons de yoga au programme. Finalement, dernière chance : une école de yoga à Mumbai, notre dernier arrêt avant de s’envoler pour la Turquie. Le cours auquel j’ai eu accès était très bien, mais je ne l’ai pas complété pour des raisons de santé, deux jours de fortes fièvres m’ont clouée au lit. C’est ce qu’on appelle un rendez-vous manqué.

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ZODIAQUE :

J’ai été fort surprise de constater l’importance du zodiaque. Ce n’est pas la même astrologie qu’en Occident, mais les calculs savants, liés aux mouvements planétaires sont aussi au cœur de cette science (sic) ou de cet art. Les observatoires construits par le maharaja Jai Singh II en sont une magnifique manifestation

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