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SONGKRA À CHIANG MAI

Publié par Nathalie sur 17 Avril 2013

SONGKRA À CHIANG MAI

J’ai déjà abondamment commenté l’événement sur Facebook, j’ai aussi eu l’occasion, via Skype, de le raconter de vive voix à mes proches, mais comme on le dit toujours : une image vaut mille mots. Et c’est bien mal me connaître que de croire que je pourrais tenir ma langue, me contenter de vous offrir un album photos. De toutes façons, les photos n’abondent pas, car l’entreprise était plutôt périlleuse et mon homme ne prenait pas de risques. L’appareil photo est donc demeuré sec et les photos sont, somme toute, plutôt raisonnables.

SONGKRA À CHIANG MAI

Donc, depuis plus de cent ans, la Thaïlande s’arrose pour fêter le Nouvel An bouddhiste. Pendant 4 à 5 jours, jours où la plupart des gens sont en congé (comme nous au temps des fêtes) on se réunie en famille, on s’installe devant la maison, sur le trottoir ou encore on s’entasse dans une boîte de pick-up; avec des poubelles, des bacs, remplis d’eau, on se munie de seaux, de fusils à eau, du boyau d’arrosage si on est chez soi, on ajoute quelques bières pour agrémenter le tout, et on s’arrose! Les passants, les motocyclistes, les passagers des tuk-tuks. C’est ludique et vraiment réjouissant. Une fête comme celle-là n’est pas restée secrète bien longtemps, vous vous imaginez bien. On afflue du monde entier pour célébrer Songkra ici, et je ne crois pas que ce soit seulement pour des raisons religieuses… On s’arrose à qui mieux mieux, touristes et Thaïs, dans un jet ininterrompu. La ville installe des robinets publics le long des trottoirs pour permettre aux gens de se ravitailler. Des marchands ambulants vendent tout l’arsenal nécessaire à cette bataille d’eau gigantesque. Et les plus fanatiques, eux, ajoutent des glaçons à leur eau. Nous avons aperçu des livreurs de glace, comme au temps de nos arrières-grand-mères, déposant des morceaux de plus d’un pied cube dans les bacs d’une camionnette… On savait déjà, d’expérience, que toutes les eaux ne se valent pas : une chaudière glacée à un feu rouge, ça réveille el’ Canayen. Ça, ou les tuyaux de pompiers (impossible à éviter en se faufilant entre les voitures), ça vous laisse un souvenir impérissable. Comme nous avions loué des motos pendant notre séjour à Chiang Mai, nous avons parfois joué au chat et à la souris afin de se garder un peu au sec. Il faut dire qu’ici, les motocyclettes, quoique moins nombreuses qu’au Vietnam, sont reines. Elles se faufilent partout, entre les rangées de voitures (qui elles aussi sont plus nombreuses qu’au pays de l’oncle Ho), on le droit de tourner à gauche aux feux rouges, oui, à gauche, car ici on roule comme en Angleterre!

SONGKRA À CHIANG MAI

Vous imaginez donc la scène : moi, Nathalie, qui conduit une moto depuis peu, avec deux passagères, qui s’adapte tant bien que mal à la conduite à droite… doit éviter les jets d’eau en se faufilant entre les autres véhicules, doit aussi garder le contrôle de sa moto quand ses lunettes sont aspergées d’eau ou quand le petit passager devant elle réagit à l’eau reçue en se penchant du côté opposé… Ça, c’est une chose, mais le soir même du début des festivités, on était nous aussi muni d’armes, que les enfants utilisaient pendant nos déplacements! Et quand on attaque, on est davantage la cible de ripostes…J’ai développé de formidables habiletés d’équilibre au cours de ces quelques jours… Bref, les chaleurs de 35 à 40 degrés se supportent beaucoup mieux pendant cette fête. Le seul hic, c’est que le soir venu, le jeu ne s’interrompt pas! Il fait moins chaud quand on circule à moto, « trempe en lavette » quand la température baisse sous les 30 degrés !!! Après deux jours, on essaie d’éviter les déplacements en fin de soirée surtout dans les zones critiques de la ville, celles où un embouteillage monstre dure 4 jours consécutifs… Quand on avance à 1 km heure, le trajet est long en titi, c’est moi qui vous le dis!

SONGKRA À CHIANG MAI

Coincée dans ces bouchons, je n’ai cessé d’imaginer de quelle façon nous pourrions importer ce rituel chez nous. Pas au jour de l’an, bien sûr, quoi qu’une méga bataille de boules de neige, c’est assez réjouissant aussi… Mais pourrions-nous alléger le Code de la route pour un jour ou deux et permettre aux gens de grimper à l’arrière des véhicules, selon certaines règles évidemment? Il y moins de motos chez nous, ici ce sont surtout de petits engins, de la taille de scooters ou de Vespa, moins de camionnettes aussi… La formule est peut-être difficile à adapter, mais, enfin, cette joie collective, ce grand jeu à l’échelle d’une ville entière, c’est vraiment délirant. Je n’ai pas vu une seule personne se fâcher après s’être fait arroser. Certains se retournaient, agacés, mais lorsqu’ils apercevaient les enfants, un sourire illuminait leur visage. Jeunes ou vieux, on s’arrose, on se souhaite la bonne année, et on s’adapte à la réalité mouillée! Je rêve d’une telle fête, où pour quelques instants, on laisse de côté le rythme effréné de nos vies pour s’offrir le luxe du plaisir gratuit, celui du jeu. Jouer comme des enfants…

SONGKRA À CHIANG MAI

Commenter cet article

René 17/04/2013 23:31

Au Quebecil faudrait surement un permis de port d'arme pour ce déplacer avec un fusil même s'il est à l'eau,de plus un permis de manifester et fournir l'itinéraire à la police,beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir s'amuser comme ca

Jacinthe Dubuc 17/04/2013 22:30

La vente de fusils à eau doit être exponentielle en cette période de l'année!